Sous-traitant des industriels, en particulier du tri de déchets, Mécanique Services assiste les entreprises dans la maintenance de leurs machines et la mise au point de machines dédiées à des applications particulières. Dans son activité de dépannage comme dans l’amélioration des process industriels, Mécanique Services a un leitmotiv : préserver l’environnement et améliorer les conditions de travail.
L’industrie consomme de l’énergie fossile, produit des déchets, émet des polluants… Comment aidez-vous vos clients industriels à mieux préserver l’environnement ?
Dans notre activité de maintenance industrielle, nous sommes extrêmement vigilants au tri des déchets. La règle, c’est un bac pour chaque type de déchets. C’est une obligation qui nous est imposée chez nos clients qui sont certifiés ISO 14001 et une habitude que nous prenons de nous-mêmes et de manière systématique chez nos clients qui ne nous le demandent pas.
Dans notre activité de conception et de réalisation de machines spécifiques, le respect de l’environnement passe par la mise au point de machines de qualité qui produisent peu de déchets, qui soient robustes et durent dans le temps. Autrefois, les machines industrielles duraient trente à cinquante ans. Il y a un retour à cela aujourd’hui. Dans l’automobile par exemple c’est très net et de plus en plus dans l’industrie qui lui emboîte le pas : les industriels ont compris qu’il faut accepter de payer le prix pour avoir de la qualité. Chez Mécaniques Services, nous n’avons jamais cessé de faire de la qualité.
Nos machines sont également conçues pour limiter l’entretien et la maintenance, elles sont quasi-autonomes. Enfin, elles sont en partie recyclables. Nous intégrons, par exemple, des chariots en bois plutôt qu’en plastique ou de l’inox, qui est un matériau recyclable.
Sentez-vous une tendance au choix durable dans les entreprises ?
Oui. Nos clients y sont de plus en plus sensibles, car ils intègrent pour la plupart la certification ISO 14001. Cela fait deux ou trois ans que nous sentons les comportements bouger. J’estime à 75 % la part de l’obligation réglementaire et à 25 % la part des raisons économiques. Car le développement durable, s’il est bien fait, rapporte à l’entreprise. Il est d’abord pris comme une contrainte, mais s’il est bien mené, il est très bon pour l’entreprise. Je l’observe partout.
Nous avons par exemple conçu une machine pour un fabricant de casseroles émaillées qui, au lieu d’injecter de l’émail en continu dans des pièces qui défilent, est équipée de buses mobiles. Celles-ci suivent les pièces sur le tapis roulant. Elles permettent d’économiser de l’émail non seulement parce que la quantité nécessaire est moins importante, mais aussi parce qu’il y a moins de pertes entre les pièces. Le respect de l’environnement et le gain économique se rejoignent.
Ces machines « écolonomiques », comme vous les qualifiez, sont-elles aussi bénéfiques aux hommes qui travaillent avec elles quotidiennement ?
Bien sûr, améliorer les conditions de travail, c’est l’autre objectif que nous poursuivons. Quand nous apportons des modifications à une chaîne de tri, par exemple, nous cherchons aussi à améliorer les conditions de travail des opérateurs. Avec une machine qui trie mieux les déchets, les flux sont de plus en plus propres et les opérateurs qui trient en aval sont moins stressés par les cadences et moins soumis aux problèmes de sécurité et d’hygiène. Avec une machine capable de détecter un sac poubelle sur une ligne de tri de bouteilles et de le retirer, on évite aux opérateurs d’avoir à trier des ordures ménagères lorsque le sac craque, ordures ménagères qui en plus polluent toute la chaîne de déchets « propres ».
Et pour votre entreprise, cette prise de conscience et ce changement de pratiques représentent-ils un gain ou une perte économique ?
Globalement, l’opération est neutre. J’ai toujours affirmé que ça ne coûte pas plus cher de faire bien, à condition de le faire tout de suite. Quant au tri des déchets sur le site de nos clients, c’est un gain de temps évident pour nous, pour des raisons de transport, de gestion et de stockage. Je préfère que les déchets - de type huiles usagées, chiffons souillés, aluminium, câbles ou acier - restent chez nos clients : nous n’avons plus à les stocker, à les faire enlever ni à négocier le tarif de la reprise. C’est du temps et de la main d’œuvre gagnés. De son côté, le client peut revendre la partie qui est valorisable.

Et dans votre propre entreprise, que faites-vous pour limiter vos déchets et améliorer les conditions de travail ?
J’ai mis en place la certification 9001 au sein de l’entreprise dans laquelle je travaillais auparavant comme auditeur interne. J’applique aujourd’hui les mêmes règles au sein de Mécanique Services. Sans être certifiés, on applique toutes les règles de sécurité qui assurent des conditions de travail plus confortables pour notre personnel : ceintures de sécurité, contrôles électriques, chariots élévateurs… Comme l’entreprise n’a pas les moyens d’avoir son propre responsable sécurité-environnement, je fais appel à une professionnelle par le biais d’un groupement d’employeurs pour évaluer tous les risques professionnels.
En matière d’environnement, nous consommons peu d’énergie. Je prends soin d’acheter de l’outillage performant, régulièrement renouvelé : un outil neuf est moins énergivore qu’un matériel en fin de vie. C’est un cercle vertueux ! Même chose pour les camions : notre flotte de véhicules est renouvelée tous les quatre ans. Leur entretien est confié à un garagiste, de cette manière nous ne stockons plus de graisse ni de filtres. En plus, le garagiste sait traiter ce type de déchets mieux que nous.
J’encourage également mes équipes à consommer moins de produits d’entretien, à déposer les bidons en verre dans la benne de récupération publique située à quelques centaines de mètres de l’entreprise.
Quels sont les principaux freins que vous rencontrez pour faire appliquer ces bonnes pratiques ?
Le plus difficile dans tout cela, c’est de changer les habitudes et de faire appliquer par notre personnel les nouvelles règles. En France, faire respecter les règles est un combat permanent ! Comme nos techniciens sont le plus souvent en extérieur chez nos clients et qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur, nous multiplions les réunions, les notes de services et les rappels pour qu’ils ne perdent jamais de vue ces bons principes.