(InitiativesDD : Initiatives d’entreprises du Nord - Pas de Calais en Développement Durable|textebrut)
Ressources Humaines /Management Economie Sociale et Solidaire / Insertion Process innovants Nouveaux marchés Achats Entreprise et Territoire Aménagement durable Energie Transports Déchets Préservation des Ressources Naturelles Thmatique concerne
 
Imprimer l'article
Envoyer cet article
Envoyer cette page à un ami

Rduire la police Agrandir la police

Entretien avec Eric Agostini, PdG de Cogebloc (Juillet 2007)

COGEBLOC : le monomur en pierre ponce : un produit plein de bon sens
Cogebloc
Effectif : 9 personnes
Activité : BTP
Thématique : Process innovants
Adresse : Dunkerque
Tèl. : 03 28 59 60 02

Pour plus d’informations, contact Webmaster, Cerdd

 
 
L’entreprise Cogebloc, située à Dunkerque, propose depuis deux ans aux constructeurs de maisons individuelles, logements sociaux et bâtiments industriels une solution alternative aux parpaings ou briques monomurs en terre cuite : le monomur en pierre ponce. Ce matériau encore peu connu est écologique à la fois dans son application – il permet de réaliser des habitations à faible niveau énergétique – et dans sa fabrication - les sites de production sont peu polluants et faibles consommateurs d’énergie. Eric Agostini, dirigeant de l’entreprise, évoque son attrait pour ce matériau naturel.


- D’où vient votre choix d’exploiter la pierre ponce ?

C’est d’abord une histoire familiale : mon père, le créateur du monomur en pierre ponce « Cogetherms », est maçon et tailleur de pierre de formation. Il est né en Italie, terre qui abrite deux volcans actifs, où la pierre ponce est un matériau quasi culturel : l’utilisation de cette roche remonte aux bâtisseurs grecs et romains. Ses applications sont multiples : abrasif doux, on la retrouve dans le dentifrice, les produits cosmétiques de gommage, les savons, les lessives, mais aussi dans l’horticulture et l’agriculture où elle aère la terre. Elle est peu présente dans l’industrie du bâtiment en Italie. Nous avons fait la découverte de cette utilisation particulière au Pérou. Sur un site d’extraction de la roche, une ville est entièrement bâtie à partir de blocs massifs. Les avantages de la pierre ponce dans la construction sont nombreux : léger, résistant à la compression et aux chocs, isolant thermique et phonique, résistant au feu. Elle est en plus 100 % recyclable.

- En quoi peut-on qualifier ce matériau naturel d’éco-matériau ?

Composées à 92% de pierre ponce, et seulement de 8% de ciment, les briques de pierre ponce ne subissent pas de cuisson. Le bloc en pierre ponce ne se cuit pas, il sèche naturellement à l’air libre, contrairement à la terre cuite. Cette fabrication est donc moins gourmande en énergie que les briques en terre cuite et ne dégage pas de gaz carbonique. La structure même de la pierre assure des qualités isolantes exceptionnelles. Ces qualités sont renforcées par l’épaisseur des blocs et par leur structure présentant de nombreuses rangées d’alvéoles. Il n’y a donc aucun ajout de matières polluantes pour créer ces micro-bulles d’air isolantes, contrairement à d’autres matériaux de construction. Le monomur en pierre ponce permet en plus de réaliser des habitations à faible niveau énergétique, dites « passives ». Quand on sait que la maison individuelle est le plus gros poste de consommation énergétique, devant l’industrie, l’utilisation de la pierre ponce dans le bâtiment revêt un enjeu écologique de taille !

- Un produit naturellement écologique et un process de fabrication non polluant, mais un poste transports important. Avez-vous une politique environnementale également dans ce domaine ?

En matière de transport, nous avons encore des progrès à faire. Mais dans ce registre, tout n’est pas de notre ressort. Loin s’en faut ! Notre entreprise s’est installée sur le port autonome de Dunkerque, afin de recevoir les matériaux en provenance d’Europe du Nord – Allemagne et Autriche - par bateau. Nous souhaiterions acheminer nos produits finis par des modes de transport « propres » comme la voie fluviale et le ferroviaire, mais c’est à ce jour impossible. Bien qu’à quelques mètres d’un embranchement SNCF et bord à quai, nous ne pouvons acheminer nos produits finis par voie ferroviaire ni fluviale. Nous n’avons pas les volumes réguliers ni les destinations fixes qui nous permettraient d’utiliser les services de la SNCF. Quant au fluvial, les canaux de notre région présentent de trop petits gabarits et nous manquons de plates-formes logistiques.

- Votre entreprise a été créée en 2002 et vous commencez à peine la commercialisation de vos produits. Pourquoi un tel délai ?

Le principal frein à notre activité a été l’obtention des certifications. La perte de temps, les coûts économiques sont considérables et parfois décourageants. Pendant deux ans, dans l’attente de recevoir ces labels indispensables, nous n’avons pu vendre nos produits et notre trésorerie s’en est trouvée fortement affaiblie. Mais depuis quelques mois, notre activité a atteint l’équilibre. Notre chiffre d’affaires est en augmentation de 40 % par rapport à l’an passé. Nous prévoyons, qui plus est, d’acquérir une nouvelle usine et d’avoir des fabricants travaillant sous notre licence. Nos clients sont grossistes en matériaux de construction ou entreprises de gros oeuvre. Le Nord-Pas-de-Calais et la Somme représentent actuellement les deux tiers des débouchés géographiques du produit de pierre ponce. La part des destinations nationales, qui composent le dernier tiers de nos débouchés, a néanmoins tendance à croître.

- Le développement durable ça va, pour vous, au-delà de la nature du produit que vous avez choisi et du process de fabrication que vous avez mis au point ?

Petit-fils de mineur et d’agriculteur, je suis un amoureux de la nature ! Depuis trois ans, chez Cogebloc, nous récupérons l’eau des toits. Notre process de fabrication consomme ainsi 50 % d’eau pluviale et 50 % d’eau de ville. Nous améliorerons encore ce ratio en installant une cuve plus grande. Quand nos finances seront suffisantes, nous installerons également des éoliennes sur nos 200 mètres de toiture. Enfin, aucun de nos papiers, de nos plastiques et de nos litres d’huiles usagées n’est jeté ni brûlé. Tout est récupéré par un prestataire collecteur.

Cette initiative a été nominée en 2006 par Alliances.