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Rencontre avec Gaëtan Cavitte, chargé du développement durable à la Caisse d’Epargne Nord France Europe

Caisse d'Epargne : Les étiquettes éthiques de l'écureuil
Caisse d’Epargne Nord France Europe
Activité : Bancaire
Thématique : Process innovant
Adresse : Lille
Tèl. : 03 20 66 66 71
Site Web : www.caisse-epargne.fr et http://actu.beneficesfutur.fr/
Contact mail : gaetan.cavitte@cenfe.caisse-epargne.fr

Plus d’informations, contact Webmaster

 
 
Cocorico. C’est un groupe bancaire français qui, le premier, a appliqué un étiquetage "développement durable" sur ses produits financiers en juin 2008. La méthode de notation, construite par la Caisse d’Epargne avec des organismes environnementaux, peut être librement adoptée par d’autres banques.

Les produits financiers ont des effets sur l’environnement, la société et le climat. 10 000 € de fonds placés peuvent générer autant de gaz à effet de serre qu’une voiture. Tout dépend de l’activité que ces fonds financent. Depuis juin 2008, la Caisse d’Epargne informe les clients de ces impacts. Une étiquette indique les notes obtenues par les produits financiers, sur une échelle de 1 à 5, en matière de risque, de responsabilité sociale et environnementale et d’empreinte climatique. Les placements concernés sont le Livret A, les Fonds Communs de Placement (FCP), les SICAV et les plans d’Epargne. La Caisse d’Epargne a ainsi estampillé 32 de ses produits : "C’est un complément d’information pour le client et non un jugement sur la qualité du produit", précise Gaëtan Cavitte, chargé du développement durable à la Caisse d’Epargne Nord France Europe. Cette information pourrait devenir un argument commercial de poids et les banques ont intérêt à prendre leurs marques. "Des clients se montrent attentifs aux possibles atteintes à l’environnement causées par leurs modes de consommation. Des groupes de la grande distribution ont déjà développé un étiquetage développement durable sur leurs articles. Nous avons apporté la première pierre pour le secteur bancaire". L’Ecureuil n’est pas peu fier d’avoir lancé l’idée et d’être à l’origine de la méthode, qu’il a construite en partenariat.

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En cours de popularisation

La Caisse d’Epargne et son prestataire Utopies, cabinet de conseil aux entreprises en développement durable, ont réuni autour de la table l’ADEME, des associations environnementales comme les Amis de la Terre et le WWF ainsi que Testé pour vous, un observatoire pour l’information financière des consommateurs. La méthode qu’ils ont mise au point en quelques mois repose sur des critères multiples, appliqués aux bénéficiaires des fonds placés : particuliers, acteurs économiques et pays. Pour apprécier la "responsabilité" des activités financées par exemple, la banque s’intéresse aux bilans carbone des entreprises ou à la qualité de vie démocratique et à la politique environnementale des Etats. Cette méthodologie est dite "open source". Publiée, elle est librement utilisable par d’autres organismes bancaires qui peuvent à leur tour contribuer à l’améliorer. Toutefois, une année après sa publication, cette première reste une exclusivité de la Caisse d’Epargne : les autres banques ne se sont pas précipitées pour la reprendre. Les assurances MACIF et MAIF ont fait savoir leulangage communr intérêt ; avec le Groupe Caisse d’Epargne, elles ont créé récemment l’association pour la transparence et l’étiquetage des produits financiers afin d’élaborer un langage commun [1]. Le succès de l’opération "étiquette" repose bien sûr sur son impact auprès des clients de la Caisse d’Epargne. Et donc sur la qualité de l’information fournie par leurs interlocuteurs : les agents commerciaux, ceux qu’on appelait naguère les guichetiers. Ils seront 1 300 dans le Nord - Pas de Calais à être bientôt formés sur les principes de cette notation. Un programme à base d’e-learning, sera établi fin 2009. Animateur du dispositif, Gaëtan Cavitte se défend d’être un simple "donneur d’ordres" : "Nous ne lançons pas une campagne marketing, avec un début et une fin mais une démarche de long terme" Il rappelle qu’en l’espace de huit années, un grand groupe de la distribution n’a pu former que 17 % de ses employés à l’étiquetage développement durable… Dans le long terme toujours, la Caisse d’Epargne pourrait généraliser cette notation à tous ses produits financiers et même en créer, qui intègrent en amont les critères du développement durable.

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Des actions d’intérêt général

Le rapport publié en 2007 par l’association Les Amis de la Terre, sous le titre "Banques françaises, banques fossiles ?", n’a pas été pour rien dans la démarche de la Caisse d’Epargne. Ce document de 200 pages a été réalisé sous la responsabilité de Sébastien Godinot, chargé de campagne de l’association auprès des institutions financières. Il dénonçait l’impact sur l’environnement des activités financées par les banques françaises. Sébastien Godinot a participé à la construction méthodologique de l’étiquetage, à l’invitation de l’Ecureuil, et il appelle les autres banques à se l’approprier. Mais dès 2003, bien avant la publication de ce rapport, la Caisse d’Epargne avait lancé une réflexion nationale, en son sein, sur le développement durable. Elle a d’abord débouché sur l’édition de 150 indicateurs internes, qui concernent par exemple la gouvernance, les relations avec les clients et les fournisseurs, les effets sur l’environnement et le climat, la parité et l’égalité entre hommes et femmes. Cette réflexion s’est aussi incarnée dans le programme "Bénéfices futur", qui inclut l’opération étiquetage et le bilan carbone du fonctionnement de la banque, qui sera dressé cette année selon la méthode de l’ADEME. Ces mêmes résolutions inspirent les actions de Responsabilité Sociale et Environnementale, auxquelles le groupe Caisse d’Epargne consacre 1 % de son produit net bancaire : cela se traduit cette année par le soutien à 1 000 projets en faveur de l’environnement et l’attribution de 10 000 micro-crédits dans l’ensemble du pays. "La Caisse d’Epargne a une longue tradition de philanthropie qui se traduit par le soutien à des actions d’intérêt général. Le développement durable est connexe à cet engagement historique", indique Gaëtan Cavitte. Dernière initiative en date du groupe : le lancement d’une gamme d’Investissements Socialement Responsables. Les bénéficiaires de ces placements de fonds sont sélectionnés en fonction de leur contribution à l’emploi et à la réalisation de projets sociaux.

 
 

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