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InitiativesDD est dédié au développement durable et aux actions engagées par les entreprises innovantes du Nord - Pas de Calais. JADDE 2008 est l'occasion pour le Collectif Régional Entreprise et Développement Durable d'inaugurer de nouvelles initiatives : une vingtaine de nouvelles démarches à consulter dès maintenant sur différentes thématiques : aménagement durable, RH/Management, Process innovants, nouveaux marchés, déchets...
Sébola : une course de fond
Filotextile
Effectif : 2 salariés
Activité : fabrication et vente de vêtements de sport et de détente sous la marque Sébola
Thématique : Process innovant
Adresse : Lille
Tèl. : 03 20 12 80 65
Site Web : www.sebola.fr
 
 
Pour marier performance et respect de l’environnement dans la réalisation de vêtements de sport, il fallait bien les qualités d’un coureur à pied : athlétique, souple, résistant. Le marathonien Loïc Pollet, co-créateur de la marque Sébola, est encore en plein effort.

Sébola, marque de vêtements de sport et de détente, est née en 2008. Son nom ne veut rien dire de précis. "Il se prononce facilement, dans toutes les langues, indique son créateur, Loïc Pollet. Et il sonne bien". Ce petit mot, simple comme bonjour, recouvre pourtant une somme de réflexions et d’engagements. Après quelques années de travail en Asie, pour le groupe Bolloré, Loïc Pollet est rentré à Lille en 2001, jeune trentenaire, pour reprendre le bureau d’agent textile de son père. Quand cette activité liée à la vente à distance a décliné, il aurait pu chercher un nouvel emploi de cadre, fort de son diplôme d’école de commerce. Mais il a choisi de se lancer dans la création d’entreprise, autour d’un produit qui lui plaisait, sur les chemins du développement durable. Il s’est associé à un ancien de son école, Philippe De Cagny, lui aussi dirigeant dans la vente à distance. La société par actions simplifiées Filotextile, fruit de leur rencontre, a fait ses premiers pas sous l’aile du pôle de compétitivité textile Up TEX. Le temps d’affiner sa stratégie et d’éprouver ses principes.

- A la mode éthique

Dans sa course vers le succès, Sébola s’appuie d’abord sur une démarche esthétique et s’inscrit dans l’univers de la mode. Des artistes et graphistes régionaux ont imaginé des visuels fleuris. Loïc et Philippe ont battu le rappel de leurs amis pour organiser une séance de photos promotionnelles au vélodrome de Roubaix… Le deuxième pilier est technique. On ne raconte pas d’histoires à Loïc Pollet en matière d’équipement de course à pied : il est marathonien et pratique le jogging depuis des années. Le maillot et le short doivent être les plus légers possibles, ne pas présenter de reliefs qui occasionnent des frottements et laisser passer un maximum d’air. De renseignements en contacts, le spécialiste a déniché le composant idéal pour ses tee-shirts : une fibre de polyester recyclé, seulement fabriquée au Japon, à partir de plastique. Le procédé repose sur une dépolymérisation et une repolymésiration de la matière. Quant aux shorts et pantalons de course, ils sont faits de Tencel, une fibre de bois qui a reçu l’éco-label européen. Les tissus sont acheminés en France par bateau et les pièces sont confectionnées, en sous-traitance, dans un atelier roubaisien. Le troisième pilier est "éthique", selon le mot de Loïc Pollet. "Ma première motivation était de fabriquer des produits moins polluants que leurs homologues. Aujourd’hui, nous revendiquons le terme d’écoconception. Nous avons fait analyser le cycle de vie de nos vêtements et nous savons, étape par étape, quels sont leurs impacts sur l’environnement." L’opération, soutenue financièrement par la Région Nord – Pas de Calais et l’ADEME dans le cadre du fonds FRAMEE, a été diligentée par le bureau d’études CODDE-Véritas (certifié ISO 14040 et 14044). Où l’on découvre des éléments étonnants. Ainsi, de l’origine de l’article textile jusqu’à sa réduction à l’état de déchet, ce sont les lavages et repassages qui seront les plus gourmands en eau et en énergie ! Les consommateurs ont donc bien leur part à prendre dans la préservation des ressources. Pour la partie qui les concerne, les animateurs de Filotextile affichent des résultats intéressants : 20 à 30 % d’atteintes en moins, sur l’eau, l’air et les ressources naturelles, que leurs concurrents "classiques".

- Marges… de progrès

En plus des fibres synthétiques, ils ont recours au coton biologique, base d’une gamme de tee-shirts, sweat-shirts et pantalons sportswear. Sur les recommandations de l’organisation "Control Union", ils travaillent avec une filière de production basée en Turquie, d’Izmir à Istanbul. Les labels "Eko" [1] et "Gots" [2] garantissent des modes de culture exempts de pesticides et d’engrais nocifs, l’isolation des lots biologiques, l’utilisation de produits de teinture moins agressifs, le respect des règles de l’organisation internationale du travail… "Quand nous avons évoqué la question des conditions de travail sur place, nos interlocuteurs nous ont répondu avec un sourire un peu condescendant : Vous savez, c’est une évidence pour nous, nous sommes aux portes de l’Europe. Les usines d’Istanbul sont impeccables, mieux installées et organisées que certaines de nos entreprises de confection", constate Loïc. Un regret à l’aune du développement durable : les articles sont expédiés en France par camion. Le patron de Sébola est conscient des progrès qu’il peut encore réaliser. Ses vêtements composés à 40 % de fibre polyester pourraient bientôt l’être à 100 %, par exemple. Mais il demande un peu de temps. Distinguée au salon "Ethical fashion show" 2008, la marque lilloise doit faire son trou, dans les magasins spécialisés et sur internet. Les produits Sébola sont au même prix que les grandes marques, dont les process de fabrication ne sont pas forcément durables. Les tee-shirts, par exemple, sont vendus entre 27 et 38 €. "Mais le démarrage est toujours plus long qu’on l’imagine. Il faut avoir les moyens d’attendre et continuer à se battre sur tous les fronts, dont celui de la communication. Nous tenons à nous distinguer de la vague actuelle de greenwashing." Filotextile reste en recherche. C’est la raison de sa participation au programme interreg Team [3], sur la valorisation des textiles en fin de vie. La société postule également, au côté de CODDE-Bureau Véritas, aux prochains projets Life (Union européenne) et Ecotech (Agence nationale de recherche).