Créée en 1989, la SARL Staphyt est devenue le leader européen de l’expertise, de l’ingénierie et de la recherche en agronomie. Avec 17 sites implantés en France, elle propose ses services en matière de semences, de produits phytosanitaires, d’activités de laboratoires... aux entreprises et aux multinationales du domaine de l’agrofourniture dans 15 pays d’Europe. Engagée dans des démarches de qualité environnementale et sociale, Staphyt est aujourd’hui qualifiée en BPL (Bonnes Pratiques de Laboratoires), en BPE (Bonnes Pratiques d’Expérimentations) et en ISO 14001 (International Organization for Standardization). La société se développe autour de trois axes stratégiques :
se valoriser par l’innovation,
être dans le top 2 par l’excellence,
et s’’inscrire dans le développement durable.
Pour Jacques Boisleux, le gérant, ce dernier objectif constitue un projet d’entreprise qui fédère l’ensemble du personnel. Il nous développe ici la démarche d’amélioration de l’organisation interne de Staphyt.
Qu’est ce qui vous a donné envie de mettre en place une démarche de développement durable au sein de votre entreprise ?
Du fait du secteur d’activité de Staphyt, l’agronomie, nous développons naturellement une problématique vis-à-vis de l’environnement. Il y a cinq ans, le contexte général et l’opinion publique commençaient à traiter du thème du développement durable et quelques-uns de nos clients multinationales étaient déjà avancés dans ce domaine. J’avoue m’y être intéressé un peu par hasard mais je ne conçois aujourd’hui plus mon entreprise sans la notion de développement durable. J’ai voulu la cultiver au sein de Staphyt afin d’améliorer l’organisation interne d’une part et la relation que nous entretenons avec nos clients d’autre part.

Comment avez-vous concrètement décliné la notion de développement durable au sein de Staphyt ?
Des actions sont menées à plusieurs niveaux : nous avons mis en oeuvre des micro-mesures environnementales (avec un objectif de zéro papier dans dix ans, par exemple), mais aussi un plan social d’amélioration en collaboration avec un consultant et surtout la normalisation ISO 14001. Cette normalisation concrétise notre volonté de mettre en oeuvre le développement durable dans le but d’aller encore plus loin que l’étape de normalisation en matière de qualité.
Pour réaliser cette démarche, nous avons associé les salariés en interne, les riverains et l’environnement de Staphyt en externe. Nous avons déployé différents moyens pour arriver à obtenir la normalisation : il a fallu mobiliser l’ensemble du personnel pour répondre au délai impératif qui nous était imposé, travailler sur l’intranet car l’entreprise est éclatée en 17 sites différents sur toute la France et nomer un responsable développement durable et un responsable sécurité / environnement pour adapter l’organisation de l’entreprise afin d’atteindre l’objectif d’amélioration. Parallèlement, nous avons fait établir un audit en externe qui nous a permis de faire un bilan : où en est-on ? où veut-on aller ?, de fixer des objectifs dans le temps, de les décliner en plan d’action et enfin d’appliquer les mesures prises (évaluation...).
Avez-vous rencontré des difficultés à la mise en oeuvre de la normalisation ISO 140001 ?
Il y a cinq ans, la démarche de développement durable n’était pas facile à appréhender. Il a fallu sensibiliser les salairés au développement durable, les convaincre de l’intérêt d’en faire en entreprise et leur faire comprendre la démarche SD 21000 (Sustainable Development). Cependant, dès que les salariés ont compris l’intérerêt du projet, ce sont eux qui sont devenus un levier : le véritable moteur de la démarche.
Avez-vous eu recours à des appuis extérieurs ou à des partenaires pour développer votre projet ?
Oui, la CCI d’Arras nous a aiguillé et nous avons bénéficié d’aides de l’ADEME, de la DRIRE et du Conseil Régional. En termes de partenariat, nous avons fait appel à un consultant extérieur pour la mise en place de le référentiel ISO 140001. J’ai également participé au groupe de réflexion sur la norme SD 21000 organisé par l’AFNOR et le Conseil Général du Nord à Lille pendant deux ans. La participation à une phase expérimentale constitue une démarche prospective même si aujourd’hui le SD 21000 n’a pas encore le même impact que l’ISO, l’AFNOR y travaille. Cette réflexion avec d’autres chefs d’entreprises a été une bonne expérience pour pousser Staphyt vers le développement durable.
Quels résultats avez-vous obtenus aujourd’hui ?
Principalement, je dirai une meilleure organisation, plus fluide et un état d’esprit plus agréable. Au sein de l’entreprise, la normalisation facilite l’activité et la motivation, les contraintes sont mieux acceptées parce que « la norme dit que... ». De manière générale, j’ajouterai que la normalisation nous a permis de faire des innovations et de nous orienter vers l’excellence. En plus, nous bénéficions aujourd’hui d’une image « développement durable » pour l’ éco-système » de Staphyt, c’est à dire nos voisins, nos partenaires, nos clients...d’une part, et pour nos clients et partenaires se sentent rassurés par l’amélioration de la durabilité de Staphyt.
J’aimerai préciser que pour mener à bien une telle démarche, il faut de la patience, tout projet prend du temps. La gouvernance dans l’entreprise est un processus long à mettre en place. Parmi les sept objectifs de l’entreprise, le premier est la motivation totale du salarié, ce qui n’est pas toujours évident à atteindre. Comment impliquer plus les salariés dans l’organisation de l’entreprise ? Il y a toujours eu une très bonne entente avec les représentants du personnel mais peu de remontées en découlaient alors qu’aujourd’hui Oui, grâce au nouveau mode d’organisation. De plus, notre taux de turn-over salarial n’est plus que de 2%...
Après la réalisation de ce projet, dans quelle perspective s’inscrit désormais Staphyt ?
La mise en place de la norme ISO 14001 au sein de Staphyt l’a fait progresser dans son organisation mais la démarche entreprise ne s’arrête pas là, elle constitue un projet d’amélioration continue dans une perspective de développement durable. À l’heure actuelle, je voudrais donner un conseil aux PME / PMI : il ne faut pas hésiter à entreprendre une démarche de développement durable. Le développement durable ou l’écologie peuvent apparaître comme un coût (pour être moins polluant), or pour les petites entreprises, c’est totallement faux. L’amélioration de l’organisation de l’entreprise constitue un projet qui fédère l’ensemble de l’entreprise.